Le 17 octobre 2018, le Canada a officiellement légalisé la consommation de marijuana par les adultes à des fins récréatives. Alors que la légalisation de la marijuana a également été un sujet d’actualité aux États-Unis, les États-Unis n’ont jusqu’à présent pas fait de démarche similaire au niveau fédéral. Déjà, les analystes de l’industrie florissante du cannabis légal ont émis l’hypothèse que les procédures de légalisation du Canada lui donneraient un avantage distinct en ce qui concerne la possibilité de récolter des récompenses financières. En effet, bon nombre des nouvelles entreprises les plus prometteuses du secteur ont leur siège social au Canada. Cependant, il est important de reconnaître que le processus de légalisation canadien n’est pas sans complexité. Pour cette raison, les entreprises canadiennes axées sur le cannabis devront toujours élaborer des stratégies de la même manière que les entreprises américaines dans les régions qui ont légalisé le cannabis aussi. Ci-dessous, nous allons explorer certains détails du processus de légalisation canadien.

Plusieurs ensembles de règles

L’une des stipulations les plus importantes de la procédure de légalisation de la marijuana au Canada est que, bien que certaines règles soient établies au niveau national, les 13 provinces du pays conservent également une grande autonomie pour établir leurs propres réglementations. Cela signifie que des détails aussi importants que l’endroit où les clients peuvent acheter de la marijuana sont déterminés différemment selon l’endroit où ces clients se trouvent dans tout le pays.

À titre d’exemple, l’Ontario, qui est la province la plus peuplée du Canada, permettra à des magasins de cannabis privés d’ouvrir 1 avril 2019, selon le New York Times. Par contre, les clients de la Colombie-Britannique n’auront qu’un seul magasin dans la ville de Kamloops sur lequel compter pour leurs achats de cannabis en personne. La Saskatchewan a adopté une approche contrastée, autorisant 51 magasins privés. Le Québec limite les ventes en personne aux dispensaires gérés par le gouvernement.

Tout cela signifie que les clients ne peuvent pas supposer que le processus d’obtention des produits du cannabis sera le même lorsqu’ils voyagent ou se déplacent d’une province à l’autre. Cela aura également un impact significatif sur les entreprises qui se développent dans chacune des provinces; il est difficile d’imaginer un détaillant se concentrant sur une zone dans laquelle seuls les magasins gérés par le gouvernement sont autorisés à opérer, par exemple.

Déploiement du produit

Au jour de la légalisation, seules les huiles, graines, fleurs, et les plants de marijuana eux-mêmes étaient disponibles. Les produits comestibles, concentrés et autres produits connexes seront lancés plus tard, en 2019. Pourtant, d’autres produits en développement, y compris les crèmes et les produits cosmétiques, pourraient ne jamais respecter les réglementations de légalisation au Canada.

Rôle du gouvernement

Le rôle que jouera le gouvernement du Canada est une considération importante pour les sociétés canadiennes de cannabis de tous types ainsi que pour les investisseurs dans ces sociétés. En plus des ventes en personne dans les magasins agréés (LP), la réglementation autorise les ventes en ligne. Dans la plupart des provinces, les dispensaires gérés par le gouvernement faciliteront les ventes en ligne. De plus, certaines provinces autorisent les dispensaires gouvernementaux à réglementer la distribution des produits du cannabis, agissant comme intermédiaire entre les LP et le consommateur. Attendez-vous à ce que le gouvernement joue un rôle important dans la réglementation du prix du cannabis, la disponibilité de variétés particulières et d’autres facteurs connexes également.

Questions juridiques distinctes

Il existe de nombreuses autres questions juridiques à régler concernant la consommation de cannabis au Canada. Premièrement, il n’est pas clair comment les personnes précédemment condamnées pour des délits liés au cannabis seront traitées après la légalisation. Il est possible que le gouvernement finisse par pardonner à certaines ou à toutes ces personnes, mais cela n’a pas été traité à ce jour.

D’autres questions demeurent également: l’âge requis pour acheter légalement du cannabis varie d’une province à l’autre, par exemple, et on ne sait pas exactement où les consommateurs seront autorisés à fumer de la marijuana, car certaines régions cherchent à adopter interdiction de fumer en réponse à la légalisation.

L’industrie légale du cannabis au Canada est extrêmement prometteuse, mais les investisseurs doivent être conscients qu’il y a probablement de nombreux défauts qui devront être résolus en cours de route. En attendant, la prudence est peut-être la meilleure approche.