Qu’est-ce que Zero-Bound?

Zero-bound est un outil de politique monétaire expansionniste où une banque centrale abaisse à zéro les taux d’intérêt à court terme, si nécessaire , pour stimuler l’économie. Une banque centrale qui est contrainte de mettre en œuvre cette politique doit également rechercher d’autres méthodes de relance, souvent non conventionnelles, pour relancer l’économie.

Points clés à retenir

  • Zero-bound est un outil de politique monétaire expansionniste où une banque centrale abaisse à zéro les taux d’intérêt à court terme, si nécessaire, pour stimuler la
  • Les banques centrales manipuleront les taux d’intérêt soit pour stimuler une stagnation
  • La Grande Récession a contraint certains les banques centrales doivent repousser les limites du zéro en dessous du niveau numérique et appliquer des taux négatifs pour stimuler la croissance et les dépenses.

Comprendre Zero-Bound

Zéro-b ound se réfère au niveau le plus bas auquel les taux d’intérêt peuvent tomber, et la logique veut que zéro soit ce niveau. Il existe des cas où des taux négatifs ont été appliqués en temps normal. La Suisse en est un exemple; à la mi-2019, leur taux d’intérêt cible est de -0,75%. Le Japon a adopté une politique similaire, dans un taux cible mi-2019 de -0,1%.

La principale flèche du carquois de politique monétaire d’une banque centrale est le taux d’intérêt. La banque va manipuler les taux d’intérêt soit pour stimuler une économie stagnante, soit pour amortir une économie en surchauffe. De toute évidence, il y a des limites, surtout à l’extrémité inférieure de la plage.

La limite zéro est la limite inférieure à laquelle les taux peuvent être réduits, mais pas plus. Lorsque ce niveau est atteint et que l’économie est encore sous-performante, la banque centrale ne peut plus fournir de relance via les taux d’intérêt. Les économistes utilisent le terme piège à liquidité pour décrire ce scénario.

Face à un piège à liquidité, des procédures alternatives de relance monétaire deviennent souvent nécessaires. La sagesse conventionnelle était que les taux d’intérêt ne pouvaient pas se déplacer en territoire négatif, ce qui signifie qu’une fois que les taux d’intérêt atteignent zéro ou sont proches de zéro, par exemple 0,01%, la politique monétaire doit être modifiée pour continuer à stabiliser ou à stimuler l’économie.

L’outil alternatif de politique monétaire le plus connu est assouplissement quantitatif. C’est là qu’une banque centrale s’engage dans un programme d’achat d’actifs à grande échelle, souvent des bons du Trésor et d’autres obligations d’État. Non seulement cela maintiendra les taux à court terme bas, mais cela fera baisser les taux à plus long terme, ce qui encouragera davantage l’emprunt.

Depuis la Grande Récession de 2008 et 2009, certaines banques centrales ont repoussé les limites de zéro sous le niveau numérique et mis en œuvre des taux négatifs. Alors que l’économie mondiale s’effondrait, les banques centrales ont réduit leurs taux pour stimuler la croissance et les dépenses. Cependant, la reprise étant restée lente, les banques centrales ont commencé à pénétrer sur le territoire inexploré des taux négatifs.

La Suède a été le premier pays à pénétrer ce territoire, lorsqu’en 2009 la Riksbank a abaissé le taux repo à 0,25%, ce qui a poussé le taux de dépôt à -0,25%. Depuis lors, la Banque centrale européenne (BCE), la Banque du Japon (BOJ) et une poignée d’autres ont emboîté le pas à un moment ou à un autre.

Exemple de taux d’intérêt nul et négatif en Suisse

Au 1er juillet 2019, la Banque nationale suisse (BNS) maintient une politique de taux d’intérêt négative, avec un taux cible de -0,75 %. Bien qu’il existe d’autres exemples de taux d’intérêt négatifs, l’exemple suisse est plutôt unique dans la mesure où le pays choisit de maintenir des taux très bas (et négatifs) pour éviter que sa monnaie n’augmente trop significativement

La Suisse est considérée comme un refuge, avec un faible risque politique et d’inflation. D’autres exemples de politiques de taux d’intérêt négatifs et à taux zéro sont souvent apparus en raison des turbulences économiques qui nécessitent une baisse des taux d’intérêt pour stimuler l’économie. La situation suisse ne correspond pas à ce scénario.

La Banque nationale suisse a maintenu qu’elle devait maintenir des taux bas pour éviter sa valeur monétaire déjà relativement élevée d’aller encore plus haut. Une devise en hausse nuit à l’industrie suisse des exportations. Par conséquent, la BNS a adopté une approche à deux volets pour contrôler la monnaie. La Banque s’est activement engagée dans des interventions sur le marché des devises pour aider à plafonner le franc suisse fort, et maintient également les taux d’intérêt bas ou négatifs pour dissuader les achats spéculatifs forts du franc.

En avril 2019, le président de la BNS, Thomas Jordon, a déclaré qu’une hausse des taux de -0,75% à 0% entraînerait une trop forte hausse du franc et nuirait à l’économie.

Dans cette situation, la BNS adoptera à terme une stratégie à zéro pour revenir à 0% et plus. Cela ne se produira que lorsque la banque centrale aura le sentiment de pouvoir augmenter les taux sans provoquer une hausse trop importante de la devise.

Dans l’exemple suisse, les taux d’intérêt négatifs ne sont appliqués qu’aux soldes bancaires en francs suisses dépassant un certain seuil. Le seuil minimum est d’au moins 10 millions de francs (sous réserve de modifications).